Le Noël Sensuel de Charlie et Monsieur Jeremy
Le sapin brillait faiblement dans le salon plongé dans la pénombre. Les guirlandes projetaient des reflets dorés sur les verres à moitié vides. J’avais vingt-quatre ans cette année-là et, pour la première fois, je passais la soirée de Noël seule avec Monsieur Jeremy.
Il avait retiré sa veste de costume. Sa chemise blanche, ouverte sur deux boutons, laissait entrevoir la ligne fine de sa clavicule. Chaque fois qu’il se penchait pour remplir mon verre, son parfum — bois de santal et quelque chose de plus chaud — me parvenait par vagues.
— Tu n’as pas froid, Charlie ? me demanda-t-il en posant la bouteille.
Je secouai la tête. Ma voix resta coincée dans ma gorge. Depuis trois ans que je le connaissais, je n’avais jamais osé nommer ce qui vibrait entre nous. Ce soir, l’alcool et la neige qui tombait dehors semblaient avoir dissous les barrières habituelles.
Il s’assit plus près de moi sur le canapé. Son genou effleura le mien. Ce simple contact traversa tout mon corps comme un courant lent. Je sentis mes joues chauffer.
Nous parlâmes longtemps. De voyages, de musique, de ces petits riens qui finissent par révéler l’essentiel. Sa main reposait sur l’accoudoir, à quelques centimètres de la mienne. Je la regardai, les doigts longs, la peau légèrement bronzée. J’imaginai ces doigts sur ma peau et dus baisser les yeux.
À un moment, le silence s’installa. Plus rien ne bougeait que le crépitement du feu. Monsieur Jeremy tourna la tête vers moi. Son regard s’attarda sur mes lèvres.
— Tu sais que je te regarde depuis des mois, murmura-t-il.

Je ne répondis rien. J’avançai simplement ma main pour la poser sur la sienne. Ses doigts se refermèrent doucement, comme une question. Je répondis en resserrant ma prise.
Il se pencha. Son souffle caressa ma joue avant que ses lèvres n’effleurent les miennes. Le baiser fut d’abord léger, presque hésitant. Puis il s’approfondit, langue et chaleur, et je sentis tout mon corps s’ouvrir.

Nous nous déplaçâmes vers la chambre sans éteindre les lumières du sapin. Dans la pénombre, ses mains défirent les boutons de ma chemise un à un. Chaque parcelle de peau découverte recevait un baiser, un souffle, une caresse. Quand il posa la paume sur mon ventre, je frissonnai.
Il me déshabilla avec une lenteur délibérée. Mes vêtements tombèrent au sol. Les siens suivirent. Je découvris son torse, la ligne de ses hanches, la preuve évidente de son désir. Mes doigts le touchèrent, explorèrent la texture chaude et ferme de sa peau.
Nous nous allongeâmes. Ses lèvres descendirent le long de mon cou, puis plus bas. Chaque baiser était précis, attentif à mes réactions. Quand sa bouche trouva le creux de ma cuisse, je laissai échapper un soupir tremblant. Il s’attarda, savourant, jusqu’à ce que mes hanches se soulèvent d’elles-mêmes.
Plus tard, il me guida au-dessus de lui. Je le pris en moi avec une lenteur qui nous fit gémir tous les deux. Le rythme s’installa naturellement, profond et régulier. Ses mains sur mes hanches, mes doigts dans ses cheveux, nos souffles mêlés. Le plaisir monta par vagues, plus haut chaque fois, jusqu’à ce que je me dissolve en lui et qu’il me suive, le corps tendu, le nom de Charlie murmuré contre ma peau.
Après, nous restâmes enlacés sous la couverture. La neige continuait de tomber derrière la fenêtre. Aucun mot n’était nécessaire. Seulement la chaleur de sa main sur mon dos et le battement régulier de son cœur contre ma joue.